Nature et culture fusionnent à Marne-la-Vallée

Sur 140 hectares à 32 km de Paris, l’un des plus grands chantiers français d’aménagement bat son plein depuis ce printemps : Villages Nature programme l’ouverture de sa première tranche en 2016 à Marne-la-Vallée. L’attribution des marchés s’achève à la fin de cette année.

Symbole de la conversion d’Euro Disney et de Pierre & Vacances – Center Parcs à la transition écologique, l’Aqualagon, conçu par Jacques Ferrier, bouscule les frontières entre paysage et architecture. Pyramide verdoyante striée d’ouvertures transparentes et entourée d’eaux chaudes, l’attraction centrale du futur Villages Nature révèlera son fonctionnement thermique : « Grâce à la nappe du Dogger puisée à 1800 m sous terre, la production d’eau chaude sanitaire n’émettra pas de carbone, et le grand parc aquatique en constituera le symbole », se félicite Dominique Cocquet, directeur général de Villages Nature et ancien directeur du développement d’Eurodisney.

 

Mieux disant culturel

 

A côté de la proximité de la métropole et de l’accessibilité du site, l’énergie locale renouvelable fait partie des trois volets d’un concept de courts séjours à faible empreinte carbone. « Par rapport à la moyenne des destinations touristiques françaises, Villages Nature présentera un bilan carbone quatre fois plus performant », détaille Dominique Cocquet. En complément des vertus écologiques qui ont permis à l’Opération d’intérêt national de passer les obstacles de sept enquêtes publiques, le maître d’ouvrage ajoute des références culturelles inattendues dans l’univers de Mickey : dans la lignée du Jugendstil, de l’architecte Friedensreich Hundertwasser, du Land Art (lequel bénéficiera d’un espace dédié), du Flowerpower et des alertes écologiques lancées dans les années 1970 par le Club de Rome, le chantier en cours contribuerait au rêve de réconcilier nature, culture et modernité.

Copilote de la direction artistique du maître d’ouvrage et coordinateur de la maîtrise d’œuvre, le paysagiste Thierry Huau trouve dans la forêt environnante des sources d’inspiration plus anciennes : « Les captages d’eau, sur les pentes faibles, ont organisé l’agriculture autour de la bastide du XIIème et XIIIème siècle, encore intacte au sud du site. Cet art abouti du drainage trouve aujourd’hui une expression nouvelle dans l’utilisation d’eaux enfouies », s’enthousiasme le dirigeant d’Interscène. L’univers merveilleux des dessins animés de Walt Disney revient au détour de l’histoire locale revisitée.

 

Lots séparés

 

Le passage à l’acte passe par l’organisation et la coordination des ingénieries : la direction artistique associe Thierry Huau à Joe Rohde, designer de Walt Disney Imagineering ; dans le domaine du développement durable, l’assistance à maîtrise d’ouvrage intègre également Egis et One planet Living, porteur de la méthodologie. Côté maîtrise d’œuvre, les architectes Jacques Ferrier pour l’Aqualagon, Lionel de Segonzac pour la ferme interactive, et Jean De Gastines pour les 916 cottages, fondent leur projet dans le décor modelé et planté par Thierry Huau.

Corollaire des ambitions écologiques, la volonté de privilégier les compétences locales a conduit au choix de l’allotissement, parfois décliné sous forme de macro-lots. Quelques chiffres donnent une idée de l’ampleur du chantier : 600 000 m3 de déblais intégralement réinjectés dans le site ; 100 millions d’euros pour les voiries et réseaux, 40 millions pour le modelage paysager, 30 millions pour 10 jardins, 7 millions pour les végétaux…

 

Vitrine locale

 

Dans ce dernier domaine, la petite taille des pépiniéristes français a poussé à subdiviser les plantes en une dizaine de familles, et à anticiper les commandes à travers la signature de contrats de culture. « Je travaille depuis plus d’un an sur ces contrats, pour mettre en adéquation les plantations et le projet, et faire en sorte que ce dernier devienne une vitrine locale pour les pépiniéristes franciliens », témoigne Thierry Huau. Le paysagiste s’est appuyé sur l’expérience des contrats de culture menée à Angers, sur le parc Terra Botanica. De même, en s’appuyant sur l’exemple du Center Parcs de la Vienne, il a favorisé les partenariats franco-allemands dans la filière bois, qui trouvera également sur ce site une référence architecturale et paysagère de grande ampleur.

 

Rebondissements

 

Le chantier ne s’arrêtera pas en 2016 : 1730 cottages et appartements devraient couvrir les 259 ha du site en 2022, terme prévu pour la phase 1. Au-delà de ce périmètre, Villages Nature et l’établissement public d’aménagement de Marne-la-Vallée restitueront à l’agriculture une surface supérieure aux 60 ha prélevés par le projet. De même, 115 ha de forêts acquis en Seine-et-Marne compenseront les 25 ha déboisés. Un réseau de 4 000 m2 de mares et des corridors écologiques s’intégreront dans la trame verte et bleue d’Ile-de-France. Avec la commune de Villeneuve-le-Comte, le maître d’ouvrage privé prépare la mise en gestion d’une maison de la nature dédiée à la découverte des forêts environnantes. La filiale d’Eurodisney et de Center Parcs étudie la desserte des communes alentour par l’exploitation géothermique. Autre projet à l’étude, une liaison fluviale d’une demi-journée, vers Paris, via la Marne, conforterait aussi bien l’image de destination verte que l’ancrage du site dans la métropole.

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1 réponse

  1. 6 novembre 2014

    […] Sur 140 hectares à 32 km de Paris, l’un des plus grands chantiers français d’aménagement bat son plein depuis ce printemps : Villages Nature programme l’ouverture de sa première tranche en 2016 à Marne-la-Vallée….  […]

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